Paper Girls, quand les années 80 riment avec S-F (et c’est souvent le cas)

Quatre amis à vélos dans une ville paumée des États-Unis vont être les témoins d’événement étranges et paranormaux qui les entraîneront dans des aventures remplies, d’action, de monstres et de mystère. Si ce pitch vous fait tout de suite penser à Stranger Things, la série à succès de Netflix, c’est tout à fait normal. Et si je vous disais que c’était également le point de part d’un des meilleurs comics S-F du moment et qu’il est sorti presque un an avant la série tv ? Intrigant non ?

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Au lendemain d’Halloween, dans la ville (fictive) de Stony Stream, quatre jeunes filles se lèvent aux aurores pour entamer leur tournée du quartier et distribuer le journal. Rapidement, les Paper Girls, croisent la route d’étranges individus encapuchonnés, aux visages mutilés, parlant une langue inconnue et quelque peu belliqueux, les forçant à s’enfuir et à se cacher dans une cave d’une maison voisine. Là, elles y découvrent une étrange machine semblant sortir tout droit d’un film d’extra-terrestre et qui va les entraîner dans un voyage où le plus dur sera de trouver le chemin de retour. Au fil de l’aventure les quatre jeunes filles vont non seulement affronter des épreuves les poussant à se dépasser moralement et physiquement, mais également à en apprendre plus sur elles-mêmes et sur leur relation entre elle.

Nostalgie quand tu nous tient

SI je vous dis films culte des années 80, normalement vous me répondrez, Star Wars, Retour vers le futur, les Goonies, Terminator, et la liste est beaucoup trop longue donc on s’arrêtera là. Et bien je suis à peu près sûr que l’auteur, Brian K. Vaughan a les mêmes références que vous, tant toute son œuvre transpire les années 80, que ce soit dans l’esthétique des décors, des tenues ou des dialogues des personnages. Entre les citations de films, les objets iconiques (walkman et compagnie), et les référence à de vrais événement politiques, Paper Girls est une déclaration d’amour aux 80’s et à la science-fiction, mais pas que… En effet, là où la série des Duff Brothers joue la carte de l’univers parallèle, Paper Girls prend la direction du voyage temporel, ce qui donne lieu à quelques épisodes dans d’autres époque que l’on a bien connues comme le passage à l’an 2000. Cela donne lieu à encore plus de référence et de situation comique où des adolescentes de la « génération X » découvrent avec stupeur des écrans de télévision plat (petit clin d’œil à Retour vers le futur) et des téléphones portables, pour ne citer que ces exemples.

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Bien sûr, Papers Girls reste avant tout un Comics d’aventure/science-fiction mettant un groupe de filles affrontant des créatures et des ennemis tous plus étranges les uns que les autres et se confrontant à des mystères en apparences insolubles : qui sont ces personnages encagoulés ? D’où viennent ces créatures tentaculaires télépathes (Lovecraft approuve) ? Quelle est l’importance du symbole en forme de pomme (Oui bon, on a tous un début de réponse à celle-là) ? Et c’est sincèrement une excellente histoire de S-F. je préfère Saga du même auteur pour le côté très mature épique et fantastique du récit mais Paper Girls et sans aucun doute d’une efficacité remarquable pour piéger le lecteur en même temps que les héroïnes et à l’embarquer dans cette aventure où le temps l’avenir et la fatalité ne signifie plus grand-chose.

Le talent d’un auteur au service d’un genre

Il est vrai que Vaughan n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine du fantastique en milieu urbain, que ce soit avec Y le dernier homme et son monde post-apo où tous les hommes sont morts, ou Ex Machina où un ancien super héros se fait élire maire de New York après le 11 septembre. Il sait manier les codes narratifs du cinéma et de la bande dessinée pour proposer une réelle immersion dans son univers et créer une empathie progressive pour ses personnages. Les quatre héroïnes de Paper Girls ont chacune leur personnalité, leur caractère, leur rêve, leurs peurs. Vaughan arrive à intercaler au milieu des scènes d’actions les plus épiques des moments intimes, à échelle humaine, nous rappelant qu’il ne s’agit au final que d’adolescente ne comptant que sur leur courage et leur entraide pour échapper à leurs poursuivants. Pas étonnant que la série ait obtenue en 2016 l’Eisner Awards de la meilleure nouvelle série, mais également celui de meilleur dessin.

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En parlant de dessin, le travail de Cliff Chiang au dessin et Matt Wilson à la couleur est remarquable. L’esthétique de chaque époque traversée est remarquablement étudiée pour renforcer l’immersion et les couleurs tantôt pastel, tantôt vives s’adaptent parfaitement au ton de la scène en cours. Les artistes n’hésitent pas à nous proposer des constructions de pages variées, avec des cases présentées dans le sens de la longueur ou des pleines plage impressionnantes pour introduire des créatures, des vaisseaux ou des scènes au proportions bibliques… C’est d’ailleurs également bar le biais du dessin que l’on se retrouve entouré de référence à la pop culture, comme cet homme des cavernes qui porte un symbole on/off peint sur le torse. En clair, on voyage aussi bien grâce aux propos qu’au décors, et ça c’est fort.

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J’ai commencé en faisant le parallèle avec la série phare de Netflix parce que celui-ci m’a sauté aux yeux et qu’il m’est difficile de passer outre les points communs entre les deux œuvres. La bande d’amis, les vélos, les adultes incrédules, les références à la pop culture, le mélange entre fantastique et horreur… Mais ce qu’il faut se dire c’est que les deux histoires on clairement leur identité propre. Les enjeux des personnages sont très différents et le propos est souvent plus mature et plus grave dans Paper Girls. Bien sûr le support papier permet également aux auteurs une liberté d’expression et un niveau de folie en termes d’effets visuels qui coûterait une fortune à produire en live.  En bref, si vous êtes en manque de science-fiction ou simplement que vous souhaitez vous plonger dans un récit à fond 80’s en attendant la prochaine saison de Stranger Things, vous pouvez sans hésiter vous lancer dans  l’aventure de ces quatre filles au grand cœur et découvrir quels secrets se cache au-delà des limites de l’espace-temps et de l’amitié.

 

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