Ultimates, quand Marvel initia son projet de conquête mondiale

Tout le monde ou presque est familier avec le Marvel Cinematic Univers de nos jours. Difficile de passer à côté des sorties cinématographiques et séries tv qui racontent les aventures des super-héros Marvel, surtout depuis ces dix dernières années. Mais ce que les gens savent moins c’est qu’à l’origine de ce succès sans précédent, il y a un comics qui a tout changé, The Ultimates.

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Parue en 2002 aux Etats-Unis, cette série en treize numéros nous présente les Avengers dans un univers alternatif, où leur apparition se déroule à notre époque. On y découvre le S.H.I.E.L.D, organisation militaire et industrielle obéissant aux ordres du président américain et dirigée par le Colonel Nick Fury, qui cherche à former une équipe de méta-humains afin de contrer les potentielles menaces d’ampleur mondiale, telles que les super vilains ou les extra-terrestres. Les Ultimates comptent dans leur rang Iron Man (Tony Stark), le Dr Banner, Giant Man (Hank Pym), la Guêpe (Janet Van Dyn), Black Widow (Natasha Romanoff) et leur leader fraîchement revenu à la vie après plusieurs années dans la glace, Captain America (Steve Rogers). Pour que la liste soit complète, on peut également ajouter Thor qui rejoindra l’équipe sans en faire partie officiellement, amis aussi Vif-Argent et Scarlet Witch (mutants de leur état) qui intègre l’équipe assez vite.

Un air de déjà vu

Au cours de ses treize épisodes, la série nous raconte donc la formation de l’équipe mais également la première mission majeure des Ultimates, à savoir l’affrontement contre un Hulk totalement déchaîné. La série se termine en apothéose avec une invasion extra-terrestre repoussée in extremis par les Ultimates. Après le succès de la série une suite fut écrite en 2005 et reprend peu de temps après les événements de Ultimates. On y suit la descente en enfer de Thor, la création des super soldats européens et enfin une guerre mondiale instiguée par Loki, le demi-frère de Thor.

Si ces quelques lignes exposant grossièrement le scénario de Ultimates et Ultimates 2 vous semble familières, c’est que vous avez assidûment suivi l’actualité cinématographique nourri par Marvel Studio. En effet, le récit écrit par Mark Millar a servi de base d’inspiration à l’ensemble du projet MCU lancé avec le premier film Captain America. Tout y est, avec en vrac : les scènes de la vie passée de Captain America au front, le programme Ultron, l’invasion Chitauri, les stratagèmes de Loki, les super-héros militarisés et sous contrôle du gouvernement, etc. Le seul élément vraiment important qui ne figure pas dans les livres mais qui rythme les films est la quête de Thanos. Ultimates est donc une œuvre particulièrement intéressante, posant les bases de tout un univers qui a démocratisé les super-héros, en les dépoussiérant un grand coup.

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C’est le nouveau coup de de génie de Mark Millar, secondé à la perfection au dessin par Bryan Hitch (The Authority). Millar s’empare des Avengers qui étaient plus ou moins tombés en désuétude sinon dans l’oubli et leur redonne toutes leurs lettres de noblesses en les hissant au rang d’icônes modernes. Il n’y a rien d’étonnant à ce que Marvel Studio y voit le matériau idéal pour ses films. Le Comics lui-même est écrit et dessinée de manières cinématographique. On ne compte plus les plans iconiques, les scènes de destructions à couper le souffle ou les répliques cultes que balancent les héros. Au fil des pages l’action et la tension montent crescendo, et absolument tous les héros ont « leur moment ». Comme je le dit souvent, Ultimates est peut-être le meilleur moyen pour s’initier aux comics quand on n’a vu que les films Marvel.

Bousculer les clichés, changer les codes

S’il fallait parler plus précisément du Comics, il faut évoquer les quelques sous intrigues très inspirées que l’on nous propose. Il y en a une particulier qui retient mon attention, à savoir la relation pour le moins houleuse entre Giant Man et la Guêpe, mariés depuis cinq ans et faisant tous les deux partie des Ultimates. Il s’avère que Hank Pym est capable d’accès de violence terribles envers sa femme, au point de la laisser pour morte avant de s’enfuir. Les lecteurs de la première heure savent que Pym est souvent montré comme un scientifique plus préoccupé par ses recherches que par ses congénères. Cependant, ici on découvre un homme violent et lâche capable de battre sa femme à mort par jalousie. On n’est assez loin du mythe du super-héros parfait sous tous rapports… Millar va même encore plus loin en nous montrant bien plus tard une Janet guérie physiquement et moralement mais qui n’arrive pas à se libérer de sa relation toxique avec Hank Pym. Il est extrêmement rare de lire ce genre d’histoire dans un comics grand public, où l’on s’attend plutôt à de petites querelles de couples qui se règlent après un affrontement contre un super vilain et un baiser sur les toits de New York.

L’autre sous intrigue particulièrement intéressante proposée par l’auteur est celle qui tourne autour de Thor. L’incarnation du dieu nordique est dépeinte comme un humaniste pacifiste et écologiste. Il ne souhaite pas rejoindre les Ultimates qu’il estime à la solde du gouvernement américain et les met en garde contre la volonté des dirigeants de se servir d’eux pour envahir des pays à leur guise (cela directement référence aux nombreuses attaques préventives des États-Unis au Moyen Orient chez nous dans le vrai monde… ). Encore une fois, les habitués des Comics ont en tête un Thor plutôt kitch, parlant avec éloquence et se jetant dans la bataille tête baissée sans vraiment faire preuve modération. Il faut dire que le pari de Millar est réussi. Voir le plus puissant des héros parler de non-violence et d’abolition de la peine de mort est pour le moins original, surtout quand, en poursuivant le récit, on suspecte qu’en fait le fils d’Odin ne serait qu’un illuminé se prenant pour un dieu.

Pour conclure, je dirais qu’Ultimates est une œuvre majeure et un arc narratif exceptionnel de chez Marvel. Il est bien écrit, chaque personnage a droit ça et là à son développement narratif et les dessins sont sublimes. Mention spéciale à l’octuple ( ! ) page du combat final dans le dernier segment du tome deux. On imagine sans mal que les scénaristes Marvel y ont trouvé leur source d’inspiration pour créer un des univers cinématographiques les plus riches et les plus populaires qui soit.

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